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Air France-KLM prêt à faire d’Etihad un partenaire stratégique

Publié le par SUD AERIEN ROISSY ESCALE

Air France-KLM prêt à faire d’Etihad un partenaire stratégique

Par Bruno Trevidic | 23/01 | 17:20

Air France-KLM et Etihad étudient la mise en place d’un système de partage de recettes sur un certain nombre de destinations. Air France pourrait aussi revenir sur Alitalia si Etihad y investit.

Air France-KLM est prêt à pousser beaucoup plus loin le partenariat commercial engagé il y a un an avec Etihad. - Sipa

Un an après avoir prudemment initié un premier partenariat commercial avec Etihad, Air France-KLM est prêt à pousser beaucoup plus loin la relation, pour faire de la compagnie d’Abu Dhabi un partenaire stratégique de premier rang. Lors d’une rencontre la semaine dernière à Berlin, le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac et le directeur général d’Etihad, James Hogan, ont discuté des moyens de passer de l’accord de partage de codes actuel sur les vols entre Paris, Amsterdam et Abu Dhabi (ainsi que sur une dizaine de destinations en correspondance), à la création d’une coentreprise virtuelle, avec un partage des recettes, sur une partie de leurs réseaux respectifs.

« Nous avons d’excellentes relations avec Etihad, qui s’est montré un partenaire très loyal, et nous travaillons désormais à la phase suivante, a confirmé ce jeudi Alexandre de Juniac, en marge d’un rencontre avec la presse. Nous étudions la mise en place d’un système de partage des recettes sur un certain nombre de destinations. Mais c’est un sujet compliqué, qui prendra un peu de temps. Nous ne nous sommes pas fixé de date pour aboutir ».

Front commun

Un tel accord reviendrait à éliminer toute concurrence entre Air France, KLM et Etihad sur les liaisons concernées, de manière à faire front commun contre les autres concurrents, au premier rang desquels Emirates. Il nécessite de se mettre d’accord sur les lignes concernées –celles sur lesquelles Air France, KLM et Etihad n’ont pas intérêt à aller seules– mais aussi sur les tarifs pratiqués, les avions utilisés, la stratégie commerciale et les conditions de répartition de la recette en fonction des coûts. Un long travail, déjà effectué sur une grande échelle avec Delta sur l’Atlantique Nord et à un degré moindre, avec China Southern et China Eastern sur la Chine.

Etihad deviendrait ainsi l’allié stratégique d’Air France-KLM pour la zone Moyen-Orient qui englobe le marché indien, soit plus de 1 milliard de clients potentiels. L’ accord pourrait s’étendre à Air Berlin, filiale d’Etihad, dont le réseau alimente déjà les vols long-courriers d’Air France et de KLM et s’accompagnerait logiquement d’une intégration des programmes de fidélisation.

« Un partenaire important »

Par ailleurs, le partenariat entre Air France-KLM et Etihad pourrait aussi concerner Alitalia. Si Air France-KLM a renoncé à participer à la recapitalisation de la compagnie italienne faute de voir ses conditions remplies, le groupe pourrait revenir sur le dossier avec Etihad, qui étudie actuellement une possible prise de participation dans Alitalia.

« Si Etihad fait quelque chose avec Alialia, Air France-KLM s’y intéressera, assure Alexandre de Juniac. J’ai lu dans la presse que les conditions posées par Etihad sont similaires aux nôtres [… ] concernant la restructuration de la dette d’Alitalia, la restructuration industrielle et des conditions de contrôle. Si ces conditions étaient satisfaites, nous serions prêt à regarder. Par ailleurs, Air France-KLM reste un partenaire important d’Alitalia. Si quelqu’un s’allie avec eux, il a intérêt à s’entendre avec nous ».

Etihad attend des gages d'Alitalia

Par Pierre de Gasquet

Avec le soutien des Benetton, Etihad serait prêt à investir 300 millions d'euros dans Alitalia.

Deux semaines après avoir confirmé son intérêt pour Alitalia, Etihad pose ses conditions. De source proche des discussions, à la différence d'Air France-KLM, la compagnie nationale des

Emirats arabes unis serait prête à faire de l'aéroport de Rome un des éléments clefs de son alliance avec Alitalia en vue d'en faire son principal hub en Europe.

Mais, comme Air France en son temps, la compagnie des Emirats pose encore deux préalables incontournables à la reprise de 35 % à 40 % du capital d'Alitalia pour 300 millions d'euros : la réduction substantielle de sa dette bancaire (800 millions d'euros) et un minimum de 2.000 licenciements secs, sur un effectif de 14.000 salariés.

« Contrairement à Air France-KLM, qui voulait faire de l'aéroport de Rome-Fiumicino un hub régional subordonné, Etihad a un intérêt stratégique à en faire son hub primaire en Europe. Cela fait une différence substantielle », souligne un actionnaire d'Alitalia. Selon la presse italienne, Etihad pourrait même entrer parallèlement dans le capital de la société de gestion des Aéroports de Rome (ADR), contrôlée à 40 % par un holding de la famille Benetton.

Après avoir investi dans Air Berlin, Air Seychelles, Virgin Australia et Aer Lingus, la compagnie des Emirats (12 millions de passagers en 2012) va faire de la compagnie suisse Darwin Airline (reprise à 33,3 %) son premier vecteur de développement à opérer directement sous la marque Etihad Regional en Europe.

« Là où Air France se trouve aujourd'hui confronté à ses propres impératifs d'économies, Etihad dispose de moyens considérables qui pourraient convaincre les banques italiennes de faire un effort », note un proche du dossier. Outre l'appui du gouvernement et de la direction, l'hypothèse d'un accord avec Etihad a les faveurs du groupe Benetton, actionnaire à 8 % d'Alitalia, et de l'industriel Roberto Colaninno, à 9 %, qui y voient le dernier « chevalier blanc » potentiel.

Selon la plupart des observateurs, l'accord final avec Etihad ne pourra pas être conclu avant février, même si son patron, James Hogan, pourrait donner un signal, à Berlin ou à Zurich, dès la semaine prochaine.

Par Bruno Trevidic

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