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RETRAITE ET PROGRES SOCIAL

Publié le par SUD AERIEN ROISSY ESCALE

 

Le progrès social a permis de travailler de moins en moins sur l’ensemble de la vie. Chaque acquis a nécessité un rapport de force pour l’obtenir. Aujourd’hui, il faut encore se battre pour empêcher le patronat et les financiers de gagner toujours plus en imposant de nouvelles baisses de pension, en interdisant le départ en retraite à 60 ans, sous prétexte d’une augmentation de l’espérance de vie qui existe depuis plus de 2 siècles, sous prétexte d’un nombre plus important de retraité-es alors qu’il n’est que passager et que l’économie

peut le prendre en charge comme elle l’a fait dans le passé. Reculer l’âge du droit au départ en retraite augmenterait le chômage et serait une régression sociale inacceptable, alors qu’elle représente un juste partage du travail et la nécessité de laisser une place aux jeunes.

 

Si on avait écouté le patronat, les enfants travailleraient encore…

Le progrès social a accompagné l’histoire de l’humanité. Contre le patronat et gouvernements

qui criaient à la ruine du pays, c’est ce progrès social qui a permis que les luttes abolissent les formes les plus violentes d’exploitation des travailleurs (esclavage, servage), suppriment le travail des enfants, réduisent le temps de travail sur la vie de différentes façons : diminution de la durée journalière puis hebdomadaire du travail à 40 puis 35h, création des congés payés, de la retraite à 65 puis 60 ans, des RTT, allongement des études…

Le passé prouve que le progrès social est possible. Mieux, cette réduction du temps de travail s’est accompagnée d’une très forte augmentation de la richesse par habitant. Cela a été rendu possible par les découvertes technologiques qui, lors du dernier siècle, ont (pour un salarié) multiplié la productivité horaire par 30, ce qui a permis de diminuer par 2 son temps de travail (2695 h par an en 1896 contre 1441 h en 2004) tout en multipliant par 15 sa production.

Ainsi, le même nombre d’actifs peut faire vivre un nombre croissant d’inactifs, tout en réduisant le temps de travail et en augmentant le niveau de vie. Ce progrès social doit continuer : le COR (Conseil d’Orientation des Retraites composé de membres du gouvernement et de représentants des partenaires sociaux), prédit une poursuite de la croissance de la productivité horaire évaluée entre 1,5 et 1,8% par an, soit une légère baisse du rythme des 2 derniers siècles. Cette croissance de productivité horaire ne signifie pas forcément croissance de la production (et épuisement des ressources limitées de la terre) : les gains de productivité horaire peuvent être utilisés pour réduire le temps de travail, et augmenter la part du salaire socialisé (pour les dépenses de santé, retraite, chômage).

Retarder l’âge de départ en retraite, c’est interdire une vie meilleure aux salarié-es

et futurs retraité-es

L’espérance de vie n’est pas un phénomène nouveau. Contrairement à ce que le Gouvernement tente de nous faire croire en affirmant que « le recul de l’âge de la retraite est inévitable puisque l’espérance de vie augmente » : l’espérance de vie à la naissance augmente depuis au moins 1740 et a triplé en 250 ans, en passant de 25 ans à plus de 80 aujourd’hui. Elle augmente depuis plus de 2 siècles à raison de près de 1 trimestre par an.

Quelle sera l’espérance de vie en 2050 ?

Les prédictions des différents experts ne montrent pas de rupture, mais une simple poursuite de l’augmentation de l’espérance de vie vécue depuis plus de 2 siècles. Elle ne peut que se ralentir à cause, à long terme des limites biologiques, et à court terme de la souffrance au travail, de l’utilisation de produits dangereux : le COR se base sur une espérance de vie de 0,6 trimestre par an, et l’INSEE sur 0,4. Il est normal de consacrer une part croissante de la richesse à la baisse de temps de travail sur la vie, et notamment aux retraites dans un pays où le nombre de retraités augmente.

Les gains de productivité doivent permettre à la fois une augmentation du niveau de vie des salariés

et des retraités, et une réduction du temps de travail à condition que ces gains de productivité

ne soient pas captés par le capital et qu’ils soient redistribués aux salariés /retraités.

 

Reculer l’âge de la retraite est une absurdité. Le vrai débat doit porter sur une nouvelle réduction du

temps de travail pour résorber le chômage, et sur les moyens d’améliorer nos systèmes de retraite.

 

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