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Rencontre avec le cabinet du ministre du redressement productif : Un speed - dating improductif !

Publié le par SUD AERIEN ROISSY ESCALE

 

Ce lundi 17 septembre, SUD Aérien était reçu par Ch Bejach, conseiller auprès du
ministre du redressement productif, Montebourg. Rencontre expéditive s’il en est,
puisque arrivé avec une demi heure de retard, il nous informait qu’il n’avait qu’une
demi heure à nous consacrer.
S’agissant de la suppression de 5000 emplois dans une société
détenue à 15% par l’état, nous vous laissons imaginer le temps
qu’il est prêt à accorder à la petite PME du coin qui licencie 20 salariés !
A peine le temps de nous présenter, pas le temps
d’aborder les contours de l’entreprise, les enjeux économiques et sociaux, les tours
de passe-passe de la direction. A ces yeux, ce que présente la direction est
forcément la réalité économique de l’entreprise "qui se trouve dans une situation
catastrophique" (dixit Bejach).
Notre interlocuteur du jour, défend d’emblé l’intérêt des actionnaires d’Air
France. Il ne nous à pas semblé apte à écouter les doléances des salariés.
La sous traitance des activités en chine où au Maroc, ça ne l’émeut pas plus que ça.
Entre intérêt de l’entreprise et sauvegarde de l’emploi, il semble avoir déjà choisi
son camp.
Il faut dire que quand on se penche sur son Curriculum vitae : Directeur Général
Adjoint et membre du directoire de Compagnie Financière Saint Honoré, (groupe
Rothschild), directeur associé du groupe Euris-Rallye. Patron de la Cie l’Avion,
(revendue depuis à British Airways)…, on comprend mieux qu’il soit plus sensible
aux arguments des patrons qu’à ceux de syndicalistes.
SUD Aérien – DGI – Orly, bât 29, 2 avenue de Fontainebleau 94310 Orly ville
Tel : 5 50 76 –
Bureau National AF :

Tél : 5.20.85 - Fax : 5.64.02 - e-mail : sudaf@wanadoo.fr Sur le web : sud-aérien.org
Vingt minutes sont à peine passées que déjà il nous presse vers la sortie et lui vers
une autre réunion. "Il existe d’autres urgences en ce moment"… il est clair qu’il a
d’autres chats à fouetter. Sans doute nos camarades d’Aulnay, et souhaitons que le
fouet n’est pas celui des CRS.
Ne pas régler la crise en 5 minutes, on veut bien l’entendre mais ce n’est pas en
faisant du speed-dating social qu’on préservera l’emploi à Air France et au-delà
dans notre beau pays.
En conclusion :
Nous avions reçu écoute et compréhension lors de notre
rencontre avec M. Catala, député maire de Créteil, au mois de juin. Par
la suite il fit différentes démarches auprès des ministères et de
l’assemblée, prenant en compte la fermeture du HN3 et de la nécessaire
défense de l’emploi.
Là, avec M. Bejach, ce fut toute la froideur technocratique que nous rencontrâmes
avec un personnage peu apte à défendre l’emploi des salariés d’Air France.
S’ils sont tous pareils au ministère du développement productif, avec ce qu’ils ont
dans le citron, il est évident que le seul développement qu’ils conçoivent est celui
des intérêts des actionnaires et la seule chose qu’ils voient de productif se sont
les salariés, dans la droite ligne de la pensée unique.
Le problème avec la pensée unique c’est que quand elle est partagée par autant
d’individus, comme elle est unique, ils partagent et forcement, ça laisse bien peu
d’espace de réflexion pour chacun !
Pour autant, SUD Aérien continue sa démarche d’interpellation systématique de
tous les acteurs possibles de la vie publique, à même de pouvoir prendre en
considération l’intérêt et la défense des salariés.
Pour la Délégation : Philippe – Alain - Claude

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RUPTURE DU CONTRAT DE TRAVAIL POUR REFUS DE BADGE : La Cour de Cassation confirme ! Air France condamnée pour licenciement abusif

Publié le par SUD AERIEN ROISSY ESCALE

 

Depuis mars 2003, les préfets puisent dans le fichier de police STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées) pour accorder ou refuser l’attribution ou le renouvellement des autorisations aéroportuaires, titre de circulation permettant de
travailler dans les zones réservées des aéroports.
Les abus sont légion, de très nombreux salariés étant licenciés pour simplement avoir été mentionnés dans une affaire
judiciaire même comme simple témoin, d’autres sur simple plainte (dans un divorce par exemple …).

 

L’injustice sociale est tellement flagrante que la CNIL est obligée d’intervenir auprès du gouvernement.
Belle aubaine pour certains employeurs qui saisissent cette opportunité pour mettre fin aux contrats de travail au motif du « fait du prince 1».
La direction d’Air France n’est pas en reste et ce sont des centaines de personnels au sol et navigants qui sont mis à la porte sans préavis ni indemnités depuis 2003.
 

Depuis 9 ans, SUD Aérien a fait de cette lutte une priorité et multiplié les interventions auprès des sous-préfets du Val de Marne et de la Seine St Denis pour que les salariés récupèrent leur badge - souvent avec succès – mais en se heurtant  souvent à la psychose sécuritaire de l’ancien gouvernement ... avec laquelle l’actuel ne semble pas pressé de rompre.

 

En 2007, SUD Aérien décidait de contester le recours à ce motif de rupture du contrat de travail par Air France et défend le dossier d’un agent de Piste d’Orly, Jérôme BREBAN, devant les Prud’hommes de Villeneuve St Georges.
Celui-ci avait vu son contrat rompu pour fin du Prince sans même passer par la procédure et les indemnités de licenciement !!!


Après cinq ans de procédure, la Cour de Cassation, dans un arrêt du 12 septembre 2012 vient de confirmer l’arrêt rendu par la Cour d’Appel de Paris en décembre 2010 condamnant Air France pour « licenciement abusif ».
Les employeurs, notamment Air France, les autres employeurs des plates-formes aéroportuaires et des entreprises de sécurité et de sûreté, n’ont plus le droit (sauf à se mettre dans l’illégalité) de rompre un contrat de travail pour refus de badge
par la préfecture. Elle doit trouver le moyen d’un reclassement.
C’est une énorme victoire pour tous les salariés en France qui souffrent successivement d’une décision préfectorale injuste et arbitraire puis d’un licenciement abusif, et des milliers d’entre eux en subi une rupture de contrat injuste vont pouvoir réclamer justice devant les Prud’hommes.

 

Après cinq années de lutte judiciaire, SUD Aérien est heureux d’avoir apporté sa contribution à un peu plus de justice sociale.
Le Bureau national

 

1* « fait du prince » ou cas de force majeure : l’entreprise doit prouver que la décision préfectorale s’impose à elle et
qu’elle rend impossible la poursuite du contrat de travail.

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