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L’AERIEN, ÇA EUT PAYE ET ÇA PAYE ENCORE !

Publié le par SUD AERIEN ROISSY ESCALE

TRAFIC AERIEN : GARDER LES PIEDS SUR TERRE !

Depuis plusieurs mois, souffle un vent de panique dans la compagnie annonçant des chiffres et des scénarios catastrophes concernant le trafic et les résultats du groupe AF/KLM.

Cela arrange bien la direction pour qui la peur est une alliée de poids :


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pour imposer des milliers de suppressions d’emploi,


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pour appliquer l’accord triennal ( ATGPE) signé par la CFTC, la CFDT, FO et l’UNSA Aérien, outil de mobilités contraintes et de poly compétences ( c'est-à-dire la polyvalence obligatoire),


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pour faire passer son « plan de départ volontaire » (PDV), poussant à la porte plus de 1500 d’entre nous au nom de « la crise ».


on comprend que la direction ait intérêt à dramatiser !

Cependant, les chiffres sont toujours aussi têtus : si la chute du trafic n’est pas contestable de janvier à mai 2009, elle est restée faible au regard des progressions astronomiques qu’elle a connues les années précédentes (ex : + 16% entre mai 2005 et mai 2008).

Aujourd’hui la courbe descendante du trafic s’inverse. Ainsi, au mois d’août, le décalage en terme de trafic entre août 2008 et août 2009 n’est que de 2.8%.

Par ailleurs, n’oublions pas qu’en 5 ans (2004/2009), le chiffre d’affaires du Groupe AF/KLM a progressé de 19,5 milliards d’€ à quasiment 24 milliards d’€ … soit + 23% de croissance en quatre ans : plus de 5% par an !

AF/KLM va progressivement retrouver des chiffres équivalents en terme de trafic à ceux d’avant septembre 2008 … avec  des coefficients d’occupation qui crèvent tous les plafonds.


L'AERIEN, CA EUT PAYE ET CA PAYE ENCORE!

Quant à la solidité de l’entreprise, elle n’a jamais été en péril : AF/KLM dispose d’une trésorerie (le « cash ») de plus de 4 milliards d’€, bas de laine accumulé dans les périodes de forte croissance.

Même les experts de l’IATA relèvent une reprise de progression du trafic passager mondial depuis le deuxième trimestre 2009, tout comme celui du fret.

La Direction va donc modifier progressivement son scénario catastrophe ! Déjà, on sent poindre un discours différent : le problème ne serait plus tant le trafic que la mauvaise qualité de la recette «haute contribution» et l’incertitude sur le prix du kérosène.

Mais, y compris dans ce cas-là, comment peut-elle continuer d’affirmer que les milliers de suppressions d’emplois sont la conséquence de la baisse de trafic alors que son seul et unique objectif est d’améliorer les résultats financiers, c'est-à-dire …

… supprimer des emplois pour dégager plus de profits !


Les faits aussi sont têtus ! L’essentiel des pertes actuelles d’Air France a deux origines :


1.
la décision de revendre la majorité des couvertures pétroles (intéressantes à l’époque du pétrole cher) a plombé les comptes 2008/09 et du 1er trimestre 2009 de 600 millions d’€. Maintenant, le Groupe achètera la plus grande partie de son kérosène au prix du marché ce qui fera considérablement baisser la facture (intéressant à l’époque du pétrole moins cher).


2.
la baisse de la recette unitaire, moins due à la fuite des passagers des classes « avant » (haute contribution) qu’à la levée des surtaxes carburants auparavant intégrées dans le prix du billet.


alors, parlons sérieusement !

La Direction d’AF/KLM veut restaurer des profits financiers importants pour ses actionnaires dans les années à venir. Mais elle ne peut plus surfer sur un pétrole cher (les couvertures !) Donc, pour continuer à accroître sa marge, elle revient à des stratégies plus « classiques » :


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réduire la masse salariale en « liquidant » le maximum d’emplois au sol, principalement les postes administratifs comme à KLM (ceux qui, selon l’élégant et philanthrope ex PDG de KLM Léo Van Wijk, avaient «trop de gras autour de l’os»),  bloquer les salaires et réduire le périmètre des activités,


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détourner progressivement l’activité fret vers Martinair (filiale 100%  KLM)


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réduire les coûts sur le Moyen et Court Courrier notamment par la suppression des « night stop », les découchers en escales pour les équipages AF.


La «communication»  de la direction, souvent relayée par trop de syndicats, trouve sa limite lorsqu’il devient évident que la crise sert d’effet d’aubaine pour accélérer un processus de réduction des coûts, au profit des seuls actionnaires
et au détriment des salarié(e)s.

Le Bureau National

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